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Le phénomène El niño et la niña

On considère uniquement ce phénomène comme une catastrophe climatique car il entraîne une famine, alors qu’il ne détruit rien directement..
A l’origine, El Niño, est un courant marin chaud qui réchauffe les eaux du littoral du Chili et du Pérou. Les eaux froides (de 18 à 20°C) sont remplacées par des eaux beaucoup plus chaudes de 26°C environ. Ce réchauffement des eaux tue dans un premier temps, tous les poissons, ce qui entraine de nombreuses famines dans les pays littoraux vivant essentiellement de la pêche. Puis dans un second temps, le phénomène est la cause d’un bouleversement climatique entraînant une grande sécheresse dans le nord de l’Amérique du Sud et en particulier au Brésil. Parallèlement à cette sécherresse, des pluies diluviennes s’abattent sur la côte ouest d’Amérique du sud.
Les habitants appellent ce phénomène El Niño (l’enfant Jésus) à cause de son apparition aux environs de Noël. Le phénomène El Niño fait encore l’objet de nombreuses recherches dans le but de découvrir les causes de ce phénomène marin.
Ce phénomène fut mise à jour par un certain WALKER qui observa d’importantes variations de courants marins. Le premier signe d’apparition du phénomène est un renforcement considérable des vents de sud est. Ces vents entraînent une accumulation d’eaux chaudes dans le pacifique ouest. Une élévation du niveau des eaux se fait alors sentir. Mais dès que les vents faiblissent les eaux ’’chaudes’’, les eaux du Pacifique ouest envahissent celle du pacifique est, c’est alors le début du phénomène El Niño. Sa durée est en général d’environ 18 mois.
Les 18 mois passés des eaux froides se propagent vers l’ouest, c’est alors la fin du phénomène. Les eaux chaudes favorisent l’évaporation ce qui entraînera des pluies diluviennes et des sécheresses sur tout le continent sud Africain et même sur l’Australie.
Le phénomène El Nino est un phénomène qui appartient d’abord au Pacifique. Il a une influence marquée sur les masses continentales péri-Pacifique, mais aussi quelque influence sur les autres régions du globe. Il met bien en évidence l’interaction atmosphère-océan.

Déjà, dans les années 1920, on avait noté un phénomène de déséquilibre des pressions atmosphériques entre Pacifique-Est et Ouest, déséquilibre qu’on sait aujourd’hui appartenir au phénomène El Nino.

Pour bien comprendre le phénomène El Nino, il faut examiner l’interaction atmosphère-océan au niveau de la zone tropicale du Pacifique, en temps "normal", c’est-à-dire sans l’effet El Nino. Le schéma qui suit résume cette situation.
Les vents alizés soufflant vers l’ouest font en sorte que l’air chaud et sec des côtes du Pérou-Equateur se charge progressivement d’humidité lorsque transporté au-dessus de l’océan pour procurer un climat chaud et humide à l’Australie-Indonésie, avec des précipitations abondantes.
En soufflant vers l’ouest, les alizés poussent les eaux de surface vers l’ouest, créant des courants marins d’est en ouest.
Il en résulte un empilement des eaux océaniques du côté de l’Australie-Indonésie qui se traduit par une différence de hauteur du niveau marin entre les côtes est et ouest du Pacifique : le niveau marin est plus haut de 50 centimètres sur les côtes de l’Australie-Indonésie par rapport à celui des côtes du Pérou-Equateur.
Cet empilement des eaux du côté ouest cause un courant descendant qui entraîne les eaux chaudes de surface en profondeur, abaissant ainsi la thermocline (thermocline : niveau marin où il se produit une chute rapide de la température en profondeur par rapport aux eaux plus chaudes sus-jacentes). Il se crée une cellule qui fait remonter des eaux froides (courant de "upwelling") et riches en nutriments à la marge continentale du Pérou-Equateur, relevant la thermocline. La thermocline présente donc une pente.

En diminuant l’intensité des alizés, voire même en les arrêtant ou même les renversant, le phénomène El Nino vient perturber ce système.
La diminution ou la suppression des alizés est-ouest cause une augmentation de la pression atmosphérique au niveau des masses continentales du côté américain, ce qui favorise la montée d’air humide et sa condensation dans la haute atmosphère, transformant un climat sec en climat humide. Cet effet sera accentué si les alizés sont renversés.
Du côté ouest, on assistera à un assèchement du climat, d’où ces incendies catastrophiques en Indonésie et en Australie (fin 1997).
Les courants de surface est-ouest meurent.
Il n’y a plus d’empilement des eaux sur les côtes de l’Australie-Indonésie.
La cellule de courant disparaît et il n’y a plus de remontée d’eau froide et riche en nutriments sur la marge continentale du Pérou-Equateur.
Il en résulte un réchauffement des eaux sur les côtes du Pérou-Equateur (excellent pour les baigneurs !), et une perte des nutriments apportés par la remontée des eaux froides (pas très bon pour les pêcheries).
Du côté Australie-Indonésie, on note une remontée de la thermocline et un changement dans les stocks de poissons.

La Niña
Ce qu’on appelle La niña, par opposition au terme historique de El Niño, correspond à la phase froide de ce phénomène d’oscillation thermique du Pacifique Oriental, ou si l’on préfère à un indice d’ Oscillation Australe positif.
Lorsque les eaux de surface deviennent plus froides que la normale sur ces régions de l’Est du Pacifique, cela s’accompagne de courants d’alizés très soutenus sur la ceinture équatoriale, et par une élevation de la "thermocline" de ces régions, celle-ci étant définie comme l’épaisseur d’eau océanique où le gradient thermique est le plus fort, c’est-à-dire où s’observe un rapide changement de température de la surface vers les eaux plus profondes. Une des premières conséquences est l’augmentation des pluies sur le Pacifique Occidental.
Si cette phase dite de La Niña est moins connue que son pendant El Niño, c’est probablement parce qu’il y eut peu d’épisodes où elle s’est réellement manifestée durant les 2 dernières décennies.
N’empêche que la succession rapide de conditions climatiques très différentes, voire extrêmes, lors de la bascule du phénomène El Niño vers son opposé La Niña, amène un "stress" important à l’environnement.
Le cas de l’Indonésie en est un parfait exemple : la sécheresse sévère de l’an dernier fut suivie par des pluies importantes cette année. En fait, la sécheresse avait provoqué de gigantesques feux de forêts qui ont laissé de grandes étendues dénuées de végétation. Cette année, l’épisode fort de La Niña s’est accompagné de très fortes pluies sur ces mêmes zones, occasionnant inondations, glissements de terrain et coulées de boues.
Des chercheurs Chinois ont indiqué aussi que des pluies torrentielles sur le centre de la Chine étaient plus probables l’année suivant la survenance d’un phénomène El Niño, mais cela demande encore d’être étudié plus complètement.

Le courant chaud apporté par un El Niño à l’est du Pacifique et les marées basses de l’ouest de cet océan peuvent causer d’immenses dommages aux récifs de corail tropicaux. Quand la température de l’eau est trop élevée, le coral expulse de ses tissus, une algue symbiotique (zooxanthellae) et devient blanc. Une fois blanc, le corail perd la nourriture que lui fournit normalement cette algue. Malgré le fait que les coraux récupèrent souvent leurs zooxanthellae et qu’ils survivent à ces événements "blanchissants", il se peut aussi qu’ils en meurent à cause du stress qui est trop sévère ou trop long.