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L’empreinte écologique de l’Homme

Pour la première fois, le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) vient de publier un atlas sur les bouleversements de la surface de la planète depuis trente ans. Le verdict est sévère.

  • Une transformation plus rapide que jamais
    L’homme a sans cesse transformé son environnement. Mais la croissance économique et démographique de ces trente dernières années a bouleversé la surface de la planète comme jamais auparavant. En comparant des images satellites de plus d’une centaine de lieux sur Terre prises sur plusieurs décennies, le Programme des Nations unies pour l’Environnement - Programme des Nations unis pour l’Environnement (PNUE) démontre combien la présence humaine modifie le paysage, souvent de façon néfaste et irréversible.
    • Des côtes transfigurées
      Les régions côtières représentent 20% des sols habitables sur la planète mais regroupent la moitié de la population mondiale et fournissent une grande part des ressources économiques et des échanges commerciaux. Conséquences : les côtes deviennent surpeuplées, surexploitées, et leur équilibre fragile est menacé.

Le Fleuve Jaune (Huang he) prend sa source au Tibet et se jette dans la mer de Bohai, quelque 5000 kilomètres plus à l’est. Il transporte de nombreux sédiments, du fait des caractéristiques géologiques des terres qu’il traverse mais également des diverses constructions le long de ses rives.
Résultat : en vingt ans, une langue de terre de plusieurs centaines de kilomètres carrés s’est formée à l’embouchure.

    • Une déforestation sauvage
      Il y a 8 000 ans, les forêts occupaient près de 50% de la surface des terres émergées. Aujourd’hui, elles ne couvrent plus que 28%. De 1990 à 2000, le taux de déforestation était de 94 000 km² par an.

30% des forêts tropicales se trouvent au Brésil. Mais ce pays est le champion de la déforestation. Dans un souci de désenclaver certaines régions du pays, l’État brésilien a achevé en 1960 la construction de l’autoroute Cuiabá-Pôrto Velho, qui traverse la province de Rondônia, au sud du pays. Cette route a donné accès à des forêts vierges, transformées essentiellement, en quelques décennies, en élevage de bovins et cultures de soja.

    • The growing urbanization of cities
      Entre 1975 et 2000, la population urbaine est passée de 1,5 milliard à 2,8 milliards de personnes. Près de la moitié de la population mondiale habite aujourd’hui en ville. Parmi eux, 924 millions (31,6%) vivent dans des bidonvilles. Dans les trente prochaines années, ce chiffre pourrait passer à plus de 2 milliards.

Pékin a connu un essor sans précédent ces trente dernières années. La photo ci-contre est prise en 1978, avant la réforme économique. On y voit des forêts (en vert foncé) et des champs (en vert clair, jaune ou rouge, selon les cultures). En 2000, le gris représentant les bâtiments de la ville a largement pris le dessus.

    • Quand l’eau vient à manquer...
      En l’espace de cent ans, la population mondiale a triplé et les besoins en eau par habitant ont été multipliés par six. Conséquence : les réserves sont surexploitées et deviennent insuffisantes. Environ 400 000 hectares de zones humides seraient détruites chaque année du fait des activités humaines, notamment de l’agriculture. Sur cette image, on peut voir le dessèchement de la mer d’Aral, en Asie centrale. Elle a perdu plus de 60% de sa superficie depuis 1973. Le responsable : l’homme, qui surexploite les terres pour la culture du coton.