Biodiversité et alimentation
La biodiversité, c’est plus de goûts. Préservons-la ! La qualité des aliments et l’éventail des saveurs sont liés à la diversité biologique. Les bons produits naissent d’une savante alchimie entre les terres, les pratiques agricoles, les variétés et races utilisées, mais aussi les paysages et le milieu naturel local.
La biodiversité se niche au creux de nos terroirs !
Fromages, vins, fruits et légumes de saison, viandes des pâtures, miels, épices sont les produits de la diversité du vivant. Ils valorisent la variété des terroirs français et des métiers qui savent durablement en tirer parti. Protégeons la biodiversité en choisissant des produits et des producteurs qui la respectent !
Par le choix de nos aliments, agissons pour la biodiversité !
Quelques bons réflexes à cultiver et à faire partager :
- choisir des produits issus de l’agriculture durable ou de l’agriculture biologique pour contribuer à un environnement plus sain ;
- privilégier les produits locaux et les filières courtes pour réduire les coûts de transport et d’énergie et leurs impacts négatifs sur les milieux. _ Préférez, par exemple, les kiwis d’Italie à ceux de Nouvelle-Zélande, dites-vous que cette simple décision permet d’éviter l’émission de 20 kilogrammes de CO2/kg, qui ainsi ne pollueront pas et ne participeront pas au changement climatique ;
- manger des produits de saison, c’est une question de goût, d’économie d’énergie (car s’ils n’en sont pas, ils sont produits à l’autre bout de la Terre, où les saisons sont inversées, et c’est à nouveau du CO2 économisé) et de valorisation des cycles naturels ;
- éviter de consommer les espèces surexploitées : elles ont besoin de récupérer (thon, morue, empereur...) ;
- avoir une alimentation variée, reposant sur des agricultures locales diversifiées, adaptées, à échelle humaine, c’est sauvegarder la biodiversité et maintenir notre capital santé !
- essayez de réduire un peu sa consommation de viande, essayez de vous en passer pour le repas du soir, par exemple.
Pour produire 1 kg de viande de bœuf, il faut donner à cet animal 20 kg de céréales, qui sont tout à fait consommables directement par l’homme. Ça veut dire qu’on a besoin d’au moins 20 fois plus de surface pour produire 1 kg de viande par rapport à 1 kg de céréales. - Gérer correctement son réfrigérateur en faisant attention aux dates de péremption : combien de fois par an jetons-nous des denrées alimentaires que nous n’avons même pas ouvertes !
Par exemple : imaginez-vous la chaîne pour la viande, il faut nourrir les bêtes, transformer la viande, l’emballer, la transporter dans des camions frigorifiques, la présenter en magasin, dans des vitrines réfrigérées, la ramener chez vous et la mettre au réfrigérateur, pour finalement... la jeter à la poubelle !
On ne s’en rend pas compte mais à chaque étape, on consomme des quantités impressionnantes d’énergie, et dans ce cas précis, pour rien du tout !
Ceci n’est pas bon du tout pour notre empreinte écologique, qui n’est déjà pas terrible, puisque pour rappel, si tout le monde vivait comme un Français, il nous faudrait trois planètes comme la Terre !
La biodiversité au service de la sécurité alimentaire (FAO)
Chaque année, le 16 octobre, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture célèbre la Journée mondiale de l’alimentation pour commémorer sa création le 16 octobre 1945.
Le thème de la Journée mondiale de l’alimentation et de la campagne du TeleFood 2004 - "La Biodiversité au service de la sécurité alimentaire" - est un hommage au rôle de la biodiversité qui permet aux populations d’avoir durablement accès à des aliments de qualité, en quantité suffisante pour mener une vie active et saine.
La diversité biologique est essentielle pour l’agriculture et la production vivrière. L’homme a besoin d’une variété d’aliments, de logements et de biens de consommation pour sa subsistance. Pourtant, il exerce une pression croissante sur quelques espèces et leur environnement. Il met ainsi en danger de nombreuses espèces végétales et animales, ainsi que des processus naturels essentiels comme la pollinisation par les insectes et la régénération des sols par les micro-organismes.
Pour nourrir une population croissante, l’agriculture doit produire davantage de denrées alimentaires. Il est également essentiel d’accroître sa capacité de résistance en protégeant toute une gamme de formes biologiques qui présentent des caractéristiques uniques, comme les plantes qui survivent à la sécheresse ou le bétail qui se reproduit dans des conditions extrêmes. Les pratiques agricoles durables permettent de nourrir les populations tout en protégeant les océans, les forêts, les prairies et les autres écosystèmes qui abritent la diversité biologique.
La biodiversité agricole repose sur une grande variété de plantes cultivées et d’animaux d’élevage. Pourtant, l’homme assure 90 pour cent de ses besoins alimentaires d’origine animale avec 14 espèces de mammifères et d’oiseaux seulement. Et seules quatre espèces - blé, maïs, riz, pomme de terre - couvrent la moitié de ses besoins énergétiques tirés des végétaux.
Outre le nombre des espèces, il est également essentiel de conserver la diversité génétique au sein de chaque espèce. L’agriculture moderne a encouragé de nombreux agriculteurs à adopter des variétés uniformes de plantes et d’animaux à haut rendement. Cette tendance menace d’extinction un grand nombre d’essences végétales et d’espèces animales et entraîne par là même, la disparition de leurs traits spécifiques. Les experts sont alarmés par la diminution rapide de ce réservoir génétique. Disposer d’une vaste panoplie de caractéristiques uniques permet la sélection des plantes et des animaux susceptibles de s’adapter aux évolutions du milieu. La biodiversité offre également aux scientifiques la matière première nécessaire pour mettre au point des races et des cultivars plus productifs et plus résistants.
Plutôt que de disposer d’une seule variété culturale d’un rendement élevé garanti, les agriculteurs des pays en développement auraient davantage besoin d’une vaste gamme de cultures adaptées à des climats rigoureux. Il en est de même pour les animaux résistants aux maladies. Pour les paysans les plus pauvres, la biodiversité peut constituer la meilleure protection contre la famine. Les consommateurs tirent aussi profit de l’accès à un vaste choix de plantes et d’animaux permettant un régime alimentaire nutritif. C’est là, un élément crucial pour des communautés rurales ayant un accès limité aux marchés.
Plus de 40 pour cent de la superficie émergée de la terre sont utilisés à des fins agricoles, ce qui confère aux agriculteurs une grande part de responsabilité dans la protection de la biodiversité.
Par des techniques comme l’agriculture sans labour, l’utilisation réduite de pesticides, la pratique de l’agriculture biologique et la rotation des cultures, les agriculteurs maintiennent le fragile équilibre de leurs exploitations et des écosystèmes environnants. En gardant les plantes, les animaux et leurs environnements intacts, on préserve toute une panoplie de fonctions essentielles de la nature. Le bétail, les insectes, les champignons et les micro-organismes décomposent la matière organique, transférant les substances nutritives au sol. Les abeilles, les papillons, les oiseaux et les chauves-souris transportent le pollen sur les arbres fruitiers. Les marais et les marécages filtrent les agents polluants. Les forêts empêchent les inondations et réduisent l’érosion. Enfin les prédateurs naturels contribuent à maintenir l’équilibre des espèces.
La FAO estime que les trois quarts environ de la diversité génétique agricole ont disparu au cours du siècle dernier. Et sur les 6 300 espèces animales, 1 350 sont menacées d’extinction ou se sont déjà éteintes. Les efforts mondiaux de conservation des végétaux et des animaux dans des banques de gènes, jardins botaniques et zoos sont vitaux. Mais conserver la biodiversité dans les exploitations agricoles et dans la nature où elle s’adapte à l’évolution des conditions ou à la compétition des autres espèces, est tout aussi fondamental. En tant que gardiens de la biodiversité de la planète, les agriculteurs peuvent mettre au point et conserver les plantes et arbres locaux et reproduire les animaux autochtones, assurant ainsi leur survie.
Depuis l’avènement de l’agriculture il y a 10 000 ans, les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les habitants des forêts ont géré la diversité biologique en sélectionnant des plantes et des animaux qui s’adaptent aux conditions environnementales et répondent à leurs besoins alimentaires. Les agriculteurs du monde entier possèdent une précieuse connaissance des conditions locales et savent exactement quelle variété ou quelle race s’adapte le mieux à tel ou tel écosystème agricole.
Plus de 840 millions de personnes dans le monde sont victimes de la faim et un plus grand nombre encore de carences en oligo-éléments. Les efforts mondiaux n’ont pas encore permis d’atteindre l’objectif du Sommet mondial de l’alimentation et celui du développement pour le Millénaire, à savoir, réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde. La biodiversité est notre meilleure alliée dans la lutte contre la malnutrition. La protection de la biodiversité est un problème que nous ne pouvons nous permettre d’éluder.
